La bande dessinée compte parmi ses auteurs peu de stars très populaires. Milo Manara en est une, incontestablement. Du genre à déplacer les foules, comme récemment et sous nos yeux, lors de l'inauguration de son exposition à la galerie Huberty & Breyne dans le quartier chic du Châtelain, à Bruxelles. Du genre à vendre beaucoup, aussi, des oeuvres érotiques hors de prix. Une célébrité pourtant née quasiment sous le manteau, lorsque, au tournant de 1968, la bande dessinée adulte était ou interdite, ou méprisée, et dans tous les cas transgressive. Un demi-siècle plus tard, les illustrations et BD provocantes de l'Italien sont devenues des institutions que le monde de l'art et les librairies s'arrachent, et que l'auteur réalise toujours avec les mêmes motivations, même si la perspective a un peu changé en cours de route, comme il nous le confiait lors de sa venue à Bruxelles: "J'ai l'envie, presque le besoin de raconter. Et d'être un passeur. Avec l'âge, j'ai compris que la culture devait passer avant la politique." Lorsqu'on le confronte à sa toute première bande dessinée publiée - un format poche
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