[Critique ciné] Donbass: tendu, révolté et désespéré

Quelques mois à peine après Une femme douce, le cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa livre son nouveau long métrage, une plongée cauchemardesque au coeur du conflit ravageant le Donbass, à l'est de l'Ukraine. Soit, d'une part, les forces gouvernementales, soutenues par diverses mafias, d'autre part, les gangs séparatistes pro-Russes, et partout la corruption, la confusion et le chaos prévalant dans "un monde perdu dans l'après-vérité et les fausses identités". Une situation affolante que le réalisateur appréhende en un enchaînement stupéfiant d'épisodes plus ahurissants les uns que les autres, glissant de l'absurde - l'histoire de l'homme cherchant à récupérer son véhicule, pour se heurter à la bureaucratie militaire- au trash le plus cru -la scène de lynchage, effarante-, avec ce qui, derrière la virtuosité de la mise en scène, ressemble fort à de la complaisance. Tendu, révolté et désespéré, un film ayant le don de laisser le spectateur hagard.

De Sergei Loznitsa. Avec Tamara Yatsenko, Liudmila Smorodina, Olesya Zhurakovskaya. 2h01. Sortie: 23/01. ***

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