Salvatore Calcagno s'attaque au classique américain de Tennessee Williams Un tramway nommé Désir, créé au Théâtre de Liège. S'il est difficile d'oublier le spectre de Marlon Brando, le jeune metteur en scène imprime sa patte à ce chef-d'oeuvre qui prend un autre éclat à l'ère post-MeToo.

Roda Fawaz est de retour, plus flamboyant que jamais sous l'influence du très baroque Pietro Pizzuti. Dans Dieu le père, créé au Théâtre de Poche, il trace le portrait de sa mère tout en interrogeant son propre rapport à la religion. Hyper personnel, universel et diablement touchant.

En 1988 a lieu la première réunion du GIEC à Genève. Quelques mois plus tard, à Tokyo, à l'occasion du G7, les sept pays les plus riches du monde s'engagent à réduire leurs émissions de carbone. Le projet vise à réduire de 20% les émissions de carbone à l'horizon 2005 afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5%. Que s'est-il donc passé depuis alors qu'en 1981 déjà, l'Américain Malcolm Forbes Baldwin, le président du conseil sur la qualité de l'environnement (mis en place par Ronald Reagan) concluait son rapport par ces mots: "Il n'est pas de sujet plus important que la protection de la nature".

Angels in America, deuxième! Après la version de Philippe Saire passée au Théâtre des Martyrs, on a vu au NTGent celle, plus longue et donc plus proche de la pièce originale de Tony Kushner, du collectif Olympique Dramatique, qui sera prochainement au KVS. Attention, ça décoiffe!

Dans cette toile récente intitulée "Intérieur avec pin-up et fruits", Anton Henning combine "intérieurs" et "nu féminin" à la faveur d'une hybridité de teintes et de références qui, en final, relève d'un jeu tout à la fois de massacre et d'apothéose.

Voilà un cours d'histoire de la musique comme on n'en avait jamais vu. De la préhistoire à Paganini, Claude Vonin parcourt le globe et les siècles dans Totus Cordus, à voir aux Riches-Claires jusqu'à la fin de l'année.

Derniers représentants de leur "espèce", les ultimes trois comédiens résidents permanents du Théâtre National tirent leur révérence -pas leur retraite!-, le temps d'une ultime balade poétique dans la ville, Bruxelles, qui les a applaudis.

Grands soirs à Charleroi: le Tanztheater Wuppertal, la compagnie de la chorégraphe allemande Pina Bausch disparue en 2009, se produisait pour la première fois en Wallonie, avec une des pièces les plus célèbres de son répertoire. Dans son immense champ d'oeillets, Nelken (créé en 1982) interroge les rapports hiérarchiques et l'obéissance.

Le chorégraphe suisse Philippe Saire s'essaie à la mise en scène d'un texte théâtral, et pas n'importe lequel: Angels in America, de Tony Kushner, plongée fantastico-réaliste dans les années sida à New York. Dépouillé, raccourci à l'essentiel et brillamment maîtrisé. À voir à Bruxelles, aux Martyrs, après sa création à Lausanne.

Article du magazine

Restée quelque temps dans les limbes, Angels in America, pièce qui a valu un prix Pulitzer à Tony Kushner en 1993, revient en force. Cette "fantaisie gay sur des thèmes nationaux" semble aujourd'hui prémonitoire sur bien des points.

Avec Forces, Leslie Mannès chorégraphie un trio de femmes souveraines. La musique dicte rigoureusement la partition des corps tandis que le passé épouse l'anticipation. Radical.

"Dès le seuil de la grotte, écrivait Gaston Bachelard, on peut sentir une synthèse d'effroi et d'émerveillement, un désir d'entrer et une peur d'entrer". Et quand la couleur bleue déréalise ce "topos" particulier (topothésique diront les érudits pour en indiquer l'artificialité), elle évoque l'heure où, avec lenteur, le jour se prépare à la nuit et avec lui, à la naissance des rêveries comme dans les tableaux de William Degouve de Nuncques.

Avec le festival Proximamente, le KVS met en lumière les arts de la scène en Amérique latine, à travers une foule de rendez-vous avec des artistes venus du Brésil, d'Uruguay, du Chili et d'Argentine. En ouverture, le Grupo Krapp, basé à Buenos Aires, proposait Rubios, cocktail absurde et acéré de danse, théâtre, musique et vidéo.