Un dimanche. Une fin d'après-midi ensoleillée. Le paysage bétonné et les murs austères de l'Aéronef juché au dernier étage du principal centre commercial lillois. Première partie des Londoniens de Shame, RVG n'est pas plus british que chti. RVG, pour Romy Vager Group, vient d'Australie. De Melbourne pour être précis. La musique voyage entre le punk new-yorkais des années 70 (Television), le rock eighties de Liverpool (Echo and The Bunnymen) et l'indie pop néo-zélandaise du label Flying Nun. La voix, elle, est puissante. Pas clairement identifiée. Un timbre masculin de femme à la Chrissie Hynde, Patti Smith... Cette voix, c'est celle de Romy Vager donc. Jeune fille grande et large d'épaules moulée dans une robe aussi noire que sa longue chevelure. On le découvre le lendemain en préparant notre rencontre: Romy Vager est transgenre. Elle a une identité de genre différente de celle qu'on lui a assignée à la naissance. Le sentiment d'être du mauvais sexe. D'avoir le mauvais corps.
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