Jeudi dernier avait lieu la release-party du nouvel EP des Belges d'Alaska Gold Rush. S'il ne s'agissait pas de leurs débuts au Botanique, c'était bien la première fois qu'ils squattaient le haut de l'affiche. Et quoi de mieux que la salle de la Rotonde pour présenter leurs créations assez personnelles? "C'est une salle qu'on apprécie spécialement, racontent-ils. Le projet est assez intimiste, même si ça bouge à certains moments, et la salle fonctionne super bien avec le concept du projet parce qu'on est vraiment super proche des gens, c'est en arc de cercle, il n'y a pas une foule énorme... C'est clairement la salle qu'on préfère à Bruxelles!" Un nouvel EP où le duo est retourné à quelque chose de très folk, préférant les guitares acoustiques aux guitares électriques de leur album Wild Jalopy of the Mist, plus rock. "Il n'y a pas forcément de thème, il y a vraiment pour chaque morceau une histoire particulière, explique Renaud Ledru. Le son est très différent de ce qu'on a fait précédemment, on a essayé d'aller vers une simplicité dans la structure des morceaux, dans les arrangements aussi. Comme on n'est que deux, il faut créer un peu la surprise, faire des trucs alambiqués. Mais ici pas besoin, le truc fonctionnait de lui-même."

Un réseau social pour les artistes?

Habitués des premières parties, c'était cette fois à eux d'en trouver une et ils ont été chercher June Moan, dont l'univers n'est pas si lointain du leur. Nouveau projet du guitariste de feu Mountain Bike, celui-ci n'a pas dit non au coup de pouce. Il n'en fallait pas plus à Alaska Gold Rush pour évoquer le sujet de la rivalité qui existe dans le rock belge indépendant. "Ça manque un peu d'une espèce de scène, en tout cas dans le rock belge. Quand on voit les rappeurs, ils se refilent tous les bons plans, on les entend toujours parler les uns des autres, disant "c'est génial ce qu'il fait, j'adore, etc." et c'est vrai que dans le rock en Belgique, je ne dis pas qu'on se tire dans les pattes, mais quand toi tu as un piston, tu ne vas pas nécessairement le refiler à tous les autres groupes, parce qu'il y a un peu plus ce côté compétition, chacun de son côté, chacun fait son truc et on ne se communique pas forcément nos bonnes idées. Ce serait cool que si quelqu'un a un filon pour tourner à l'étranger, il le partage", déplore le batteur, avant que son binôme rétorque qu'"en fait, il faudrait créer un réseau social où tu peux mettre tes bons plans, comme pour les petites annonces ou les promos chez Delhaize." Une idée vient de naître...

La rencontre, le groupe, les influences...

Alaska Gold Rush au Botanique le 5 avril dernier

Alaska Gold Rush au Botanique le 5 avril dernier © Guillaume Scheunders

Les deux se sont rencontrés alors que Renaud Ledru menait un projet en solo et recherchait un musicien pour s'allier avec lui. En jouant ensemble, le déclic musical s'est fait instantanément et après deux ou trois répétitions, ils donnaient déjà ensemble leurs premiers concerts. "On essaye de combiner les deux atmosphères avec des rythmes de batterie qui n'ont peut-être rien à voir avec ce qu'on attendrait d'une chanson qui se rapproche plus de la country ou de la folk", explique le chanteur et guitariste.

Sa notoriété, le duo la doit entre autres à quelques concours prestigieux remportés. Notamment le Concours Circuit qui leur a ouvert les portes de Dour, des Ardentes et de quelques salles. "C'est celui qui a eu un vrai effet. Parce que ce n'est pas juste un concours en un jour, c'est avec des éliminatoires, plusieurs concerts, on a vraiment senti la différence grâce à ce concours."

Alaska Gold Rush, c'est aussi un parallèle avec le groupe Two Gallants. Un style de musique semblable, une même formule guitare-batterie et certaines similitudes physiques. "On nous a souvent comparés à eux parce que ça marchait fort au moment où on a commencé à jouer un peu partout, avance Alexandre De Bueger, mais par contre il y a quand même des styles très différents dans l'approche des chansons et des arrangements. Le batteur de Two Gallants a un jeu génial, mais qui n'a rien à voir avec ce que je fais."

Et quand on leur demande leurs influences, Alexandre De Bueger rétorque directement: "Des vivants? C'est difficile, surtout pour Renaud en tout cas!" Il parviendra tout de même à citer Charlie Parr comme son héros absolu, mais pour lui c'est plutôt la musique des années 20-30-40 voire 50, comme le folk américain, le blues ou le jazz, qui l'inspire le plus. Alexandre définit quant à lui son jeu comme un "métissage d'influences". "Tu peux entendre des trucs de hip hop ou de musique brésilienne où tu te dis "tiens, ce genre de plans là ça peut être marrant d'essayer de le connecter à ce que l'on fait", mais les morceaux à la base c'est Renaud qui les fait donc c'est son influence qu'on va sentir en priorité."

Guillaume Scheunders