Que je t'aime, Quelque chose de Tennessee, L'Envie, Allumer le feu... Au cours de sa carrière, Johnny Hallyday a accumulé les scies qui ont tant fait son succès qu'elles lui ont attiré les quolibets. Soit. Il serait dommage de réduire à ces titres l'héritage du chanteur qui a sorti pas moins de 50 albums studio (!) en six décennies d'activité. D'autant plus que des perles, il ne faut pas chercher très longtemps pour en trouver. Petit best-of éminemment subjectif de titres malheureusement trop méconnus.

Je suis né dans la rue (album: Rivière... ouvre ton lit, 1969)

Rivière... ouvre ton lit, c'est sans doute l'un des meilleurs albums de Johnny. L'apogée d'une période anglaise fructueuse où les collaborations prestigieuses s'enchaînent, et qui fera dire à Mick Jagger "définitivement, je l'aime vraiment bien lui". Sur Je suis né dans la rue, titre qui clôt ce disque blues rock heavy pré-Black Sabbath, Hallyday s'adjoint non seulement les services de Mick Jones, mais aussi de Steve Marriott et Ronnie Lane des Small Faces.

Noir c'est noir (album: La Génération perdue, 1966)

Retour en arrière. Johnny sort de sa période yéyé et, s'il francise toujours des classiques du rock (Got to Get You into My Life des Beatles devient Je veux te graver dans ma vie), l'album La Génération perdue marque un tournant. C'est le premier disque sur lequel il travaille avec les Anglais Mick Jones et Tommy Brown. Avec Noir c'est noir, reprise du Black Is Black des Espagnols de Los Bravos, Johnny démontre qu'il peut aussi évoluer avec succès dans un registre soul/rhythm'n'blues.

Hey Joe (single, 1967)

En studio à Londres en 1966, Johnny fait la connaissance de Jimi Hendrix alors que celui-ci est encore peu connu et sans maison de disque. Il l'engage pour faire sa première partie sur une tournée d'automne et, après que Hendrix ait fait le carton qu'on connaît avec sa version du classique de Billy Roberts, Hallyday décide d'en enregistrer une version en français, traduite par Gilles Thibaut. De visite au studio pendant l'enregistrement, Jimi Hendrix attrape une guitare acoustique et l'accompagne.

Psychedelic (single, 1967)

Eddy Mitchell joue les entremetteurs et recommande un certain Jimmy Page à Johnny Hallyday. À l'époque, celui qui fait ses premiers pas avec les Yardbirds enchaîne surtout les enregistrements studios (certains estiment qu'il a joué sur 50 à 90% des enregistrements produits en Angleterre entre 1963 et 1966), et se collaborera plusieurs fois avec Johnny Hallyday sur cette période. En plein flower power, le titre Psychedelic se retrouve en face B d'un EP où une version du San Francisco de Scott McKenzie occupe la face A.

À tout casser (album: Jeune homme, 1968)

Deuxième collaboration avec Jimmy Page, on reconnaît ici particulièrement bien la patte du futur guitariste de Led Zeppelin. Utilisé pour la bande originale du film du même nom réalisé par John Berry, où Johnny joue un blouson noir aux côtés de Michel Serrault.

Réclamations (album: Rivière... ouvre ton lit, 1969)

"Eh! Appelez-moi le chef de rayon! J'suis pas d'accord!" Autre extrait de l'excellent Rivière... ouvre ton lit, Johnny est ici accompagné de Peter Frampton, qui formera Humble Pie avec Steve Marriott après avoir travaillé avec lui sur ce disque.

Le Vieux roi est mort (album: Hamlet, 1976)

En 1976, Johnny Hallyday sort le premier opéra rock français de l'histoire avec cette adaptation de la pièce de Shakespeare. L'ambition derrière Hamlet est énorme, Johnny engage un orchestre de 150 musiciens et dépense un million et demi de francs pour l'enregistrement de ce disque à mi-chemin entre le Tommy des Who et le Melody Nelson de Gainsbourg. L'album ne connaîtra pas le succès escompté et ne sera malheureusement pas joué sur scène.

Veau d'or vaudou (album: Palais des sports 82)

Les années 80 sont, comme pour beaucoup de monde, les années de tous les excès pour Johnny Hallyday. Pour son concert au Palais des sports, qui sera immortalisé sur un album live et capté pour TF1, Johnny fait un joli gloubi-boulga de Spinal Tap et Mad Max: décors démesurés, pyrotechnie en veux-tu-en-voilà, costumes outranciers (et une guitare en forme de hache)... Indigeste en partie, fascinant quand ajoute l'image au son.

Je suis seul (single, 1967)

Johnny reprend le tube What Is Soul de Ben E. King.

Toute la musique que j'aime (album: Insolitudes, 1973)

Un joli blues composé par Johnny himself (c'est assez rare pour le souligner), comme une bonne moitié de l'album Insolitudes. En studio, toujours Peter Frampton, mais aussi notamment le bassiste de John Lennon, Klaus Voormann, ainsi que BJ Cole à la steel guitar.