[Critique ciné] Tueurs, film de genre qui s'assume

Au sortir d'un braquage d'une précision exemplaire, Frank Valken (Olivier Gourmet) et sa bande ont la surprise de tomber sur un commando venu exécuter tous les témoins sans autre forme de procès. Parmi les victimes, Véronique Pirotte (Natacha Régnier), la juge en charge du dossier des tueurs du Brabant, en passe de rebondir à quelque 30 ans de distance. Et Valken d'apparaître comme le coupable idéal... À l'origine de Tueurs, on trouve François Troukens, ancienne figure du grand banditisme en Belgique, sorti de prison en 2010 et reconverti depuis dans l'écriture et, désormais, la mise en scène. Par un curieux concours de circonstances, le film, coréalisé avec Jean-François Hensgens, chef-opérateur attitré de Joachim Lafosse, sort alors même que l'affaire ayant défrayé la chronique belge au milieu des années 80 connaîtrait de nouveaux développements. Pour autant, il s'agit, nonobstant le souci de réalisme présidant notamment aux scènes d'action, d'une pure fiction nourrie de l'expérience de son auteur. En ressort un polar nerveux rondement (em)mené par un Olivier Gourmet affûté, dominant une distribution où l'on retrouve encore Kevin Janssens (D'Ardennen), la trop rare Lubna Azabal et Bouli Lanners. Si l'affaire s'essouffle objectivement sur la distance en raison de son côté forcé, il y a là un film de genre qui s'assume, codes et figures inclus. Un type de production comme le cinéma francophone belge n'en produit que (trop) rarement...

De François Troukens et Jean-François Hensgens. Avec Olivier Gourmet, Lubna Azabal, Bouli Lanners. 1h26. Sortie: 06/12. ***(*)

>> Lire nos interview d'Olivier Gourmet, de Damso et François Troukens, ainsi que de Sozyone Gonzalez.