"Le Screen Actors Guild s'oppose aux auditions, interviews et autres rencontres professionnelles dans des chambres d'hôtel et des résidences privées. Nous enjoignons aux producteurs et autres décideurs d'ARRÊTER de donner des rendez-vous professionnels dans ces lieux très risqués et de trouver d'autres sites plus appropriés", ont-ils écrit dans la première directive de leur tout nouveau code de conduite, instauré en février. À cela, ils ont ajouté que si le casting ne pouvait pas être déplacé, les acteurs et actrices devaient impérativement s'assurer que le rendez-vous ne se déroule pas dans une chambre individuelle et qu'ils sont bien accompagnés de leur agent ou d'une personne de confiance. Gabrielle Carteris, la présidente du syndicat comptant plus de 160.000 membres, a déclaré: "Nous nous engageons à combattre le scénario qui a permis aux prédateurs (sexuels) d'exploiter les acteurs en privé sous prétexte de rendez-vous professionnels".

Un nouveau cas à Toronto

Ce communiqué est survenu quelques heures seulement avant que le récit très détaillé d'une nouvelle actrice agressée par le producteur ne soit publié par le magazine Deadline. Dans l'article, l'actrice raconte, sous le couvert de l'anonymat, comment en 2000, Harvey Weinstein l'a forcée à avoir une relation sexuelle avec lui. Venu sur le plateau du film où la jeune actrice jouait, Weinstein l'aurait complimentée, lui disant qu'elle ressemblait à son ex-compagne Ashley Judd (qui l'accuse aujourd'hui elle-même d'agression sexuelle...). Il demandera à son assistante de l'époque, Barbara Schneeweiss, d'organiser une rencontre avec elle dans sa suite à son hôtel pour "discuter de sa carrière et de ses potentielles opportunités avec Miramax". Sauf que très rapidement, le magnat d'Hollywood demanda à son assistante de s'éclipser et se retrouva seul avec l'actrice. Il l'invita à le masser, elle refusa et il lui fit une visite de la chambre, jusqu'à la chambre à coucher. Là, il la poussa sur le lit, lui disant qu'"il avait fait la carrière de beaucoup d'actrices, et qu'il pouvait faire la sienne aussi". La maintenant par les poignets, il la força à lui faire une fellation. Elle s'est enfuit très rapidement de la pièce, bouleversée, avant de revenir sous l'insistance de Weinstein, "embarrassé et voulant s'excuser" selon son assistante. Sauf qu'en revenant, il a réessayé de "mettre sa langue au fond de sa gorge".

En plus de poursuivre Weinstein, l'actrice accuse aussi Miramax pour avoir "facilité sa prédation sexuelle à son lieu de travail", Barbara Schneeweiss pour lui avoir infligé des dommages moraux mais également Disney, le parent du studio indépendant à l'époque, pour avoir été "volontairement aveugle" sur les agissements de Weinstein.

Disney ne montre pas patte blanche

Disney s'est positionné, disant que Weinstein avait une "autonomie virtuelle" en travaillant dans un studio indépendant et donc que l'actrice n'avait pas légalement le droit de les poursuivre. Les conglomérats de Burbank ont demandé à Disney de présenter trois contrats qu'ils avaient avec Weinstein, ce que Disney a refusé disant que cela violait ses accords de confidentialité. Le tribunal d'Ontario a réfuté Disney en avançant qu'il n'est pas persuadé que Disney ait besoin de garder ces accords sous scellé, car s'ils choisissent de se baser sur ces contrats, ils doivent en fournir les copies complètes à l'actrice et à toutes les personnes impliquées dans l'affaire, ajoutant aussi que les documents pourraient être re-rédigés pour protéger les accords commerciaux qui n'ont rien à voir dans le cas présent.

Guillaume Scheunders