Il y a plus de vingt ans, en 1995, la Fondation Cartier de Paris présentait la première exposition de Malick Sidibé en dehors du continent africain. Et il y a un peu plus d'un an, l'artiste disparaissait, le 14 avril 2016.

La Fondation lui rend aujourd'hui hommage avec une rétrospective de ses photographies, réalisées entre 1960 et 1980. Surnommé "l'oeil de Bamako" et le "reporter de la jeunesse", Malick Sidibé prenait la plupart de ses clichés en noir et blanc, et figeait dans le temps des scènes musicales et festives, presque intemporelles. Les danseurs prennent la pause ou se déhanchent, et les couples s'enlacent sur ces tirages exaltants. On retrouve par exemple la photo Nuit de Noël, classée par le Time dans les 100 photographies les plus influentes de l'histoire.

L'exposition Mali Twist (en référence à la chanson éponyme du chanteur et guitariste malien Boubacar Traoré) regroupe environ 250 tirages, dont trente inédits, dans une mise en scène musicale où la playlist (musique afro-cubaine, africaine, rock, funk...) joue un grand rôle. Le photographe avait ouvert son "Studio Malick" en 1962, ici recréé pour l'occasion et mis à la disposition des visiteurs pour se prendre en photo. Malick Sidibé y réalisait notamment des portraits.

Le documentaire Dolce Vita Africana, réalisé en 2008 par Cosima Spender et qui suit le quotidien du photographe à Bamako, est également diffusé en continu dans cette exposition joyeuse, qui reflète l'effervescence d'une jeunesse post-indépendance.

Mali Twist de Malick Sidibé, à la Fondation Cartier pour l'art contemporain de Paris, tous les jours de 11h à 20h sauf le lundi, jusqu'au 25 février 2018. www.fondationcartier.com

Salammbô Marie